Questions d'enfants…

Combien de fois le Pape est-il venu en France ?» Damien, 11ans.

La France est, après la Pologne, le pays où Jean-Paul II s'est rendu le plus souvent pour des visites pastorales : huit fois en vingt­deux ans ! en comptant le voyage qu'il fit à la Réunion les 1 er et 2 juin. Il connaissait la France, et il l'aimait. D'ailleurs, il n'hésitait pas à rappeler les Français à leur histoire et à leurs responsabilités. Jeune prêtre en 1947, lors de ses années d'études à Rome, il avait fait un premier voyage dans l'Hexagone à la rencontre des ses compatriotes émigrés à Paris, Marseille et dans le Nord et à la découverte de la JOC. Amoureux de notre langue qu'il prononçait avec un accent si particulier, bon connaisseur des écrivains, des penseurs et des théologiens français, il a toujours manifesté un grand intérêt pour l'histoire de France et de ses traditions philosophiques, mystiques et spirituelles. Il savait le rôle que la France avait joué dans la christianisation de l'Europe et dans l'épopée missionnaire. Pendant plus de vingt-ans, du Bourget à Reims, de Lyon à Longchamp, Jean-Paul II encourageait inlassablement, les Français à redécouvrir leurs racines. Le 24 août 1997, à Orly, le Pape avait déclaré :«Je voudrais assurer les catholiques de France de mon afection et de ma profonde communion spirituelle ; je les invite à être auprès de leurs frères des témoins de leur foi et de l ‘amour de Dieu, oeuvrant pour une société qui aspire à la paix, à la convivialité et à la collaboration de tous, en vue du bien commun. Attachés au dialogue, ils sont convaincus que, au sein d 'une nation qui a une tradition de fraternité et de liberté, l'expression de convictions religieuses diférentes doit permettre de développer les richesses culturelles et le sens moral et spirituel de tout un peuple ». Un discours de départ en forme de testament. La Rédaction de Saint Vincent-Relais.

« Pourquoi je vis s'il faut mourir un jour ? » - Ludovic, 9 ans.

   Tu rêves d'une vie sans fin. Tu aimerais ne jamais te séparer de ceux que tu aimes, chasser au loin la mort pleine de mystère et d'ombre. Pourtant, la vie et la mort vont ensemble. Tout ce qui vit, naît, grandit et meurt un jour. Tu es déjà passé par beaucoup de séparations pour grandir : tu ne t'en souviens plus, mais tu as dû quitter l'abri du ventre de ta mère. Tu as sans doute eu peur en partant à l'école pour la première fois ou en perdant tes dents. Et te voilà bien vivant, malgré tout ! Jésus le premier a connu la mort. Mais grâce à sa confiance en Dieu, son Père, il nous a ouvert un chemin de la mort à la vie. Il a fait la traversée. Depuis, la mort est pour nous comme une deuxième naissance. Quand nous aurons accompli jusqu'au bout notre voyage sur la terre, la mort débouchera pour nous sur une vie que nous n'imaginons pas , un monde à découvrir. Avec cet espoir formidable, nous pouvons vivre avec confiance. La Rédaction de Grain de Soleil

 

  « Y avait-il des apôtres filles ? » Grégory, 7 ans.

  La mère de Jacques et Jean, ou la belle-mère de Pierre, ou Marie-Madeleine, celle qui a su la première que Jésus était ressuscité, et aussi Marie sa propre mère… beaucoup de femmes ont écouté Jésus. Et certaines faisaient partie du petit groupe qui l'accompagnait, elles étaient des disciples. Pourtant, un jour, Jésus a choisi douze apôtres qu'il a envoyés annoncer sa Bonne Nouvelle à travers le monde. Et il n'y avait aucune femme parmi eux ! Les apôtres ont dû voyager loin, à pied, à cheval, en chariot ou en bateau, risquer le naufrage ou la prison, diriger les groupes des premiers chrétiens dans beaucoup de pays, témoigner jusqu'à la mort… Peut-être, à l'époque, Jésus n'a-t-il pas voulu que les femmes mènent cette vie-là. Mais il a toujours respecté et encouragé les femmes à témoigner de leur foi. De nos jours, elles sont nombreuses et actives dans l'Eglise :

 

« Est-ce qu'un prêtre et un curé, c'est pareil ? » Chloé, 8 ans.

Tous les prêtres annoncent l'Evangile, célèbrent la messe, les baptêmes… Jésus lui-même a confié cette mission à ses apôtres. Il leur a dit : « Allez, de toutes les nations, faites mes disciples ! » Les apôtres ont rempli cette mission, puis ils l'ont transmise aux évêques, leurs successeurs. Les évêques choisissent eux-mêmes des prêtres qu'ils envoient au service des chrétiens. Parmi ces prêtres, certains sont « curés ». Ils ont une responsabilité particulière. « Curé » vient du mot latin qui veut dire « prendre soin ». Le curé prend soin des chrétiens qui habitent dans le même quartier d'une ville ou dans des villages voisins, sa paroisse. En lien avec d'autres prêtres, et avec des chrétiens qui l'aident, le curé organise la vie de sa paroisse, le catéchisme, des groupes de prière, il accueille les nouveaux… Il est un peu le « berger » de sa communauté chrétienne. Ainsi, tous les curés sont prêtres, mais tous les prêtres ne sont pas curés !
La Rédaction de Grain de Soleil

La Bible est-elle une histoire vraie ? Manon 10 ans.

   La Bible n'est pas une seule histoire, mais beaucoup d'histoires ! Elle contient 73 livres : 46 qui sont la bibliothèque officielle des Juifs (Ancien Testament) et 27 autres pour les Chrétiens (Nouveau Testament). Tous ces livres racontent certains événements qui ont vraiment eu lieu : le roi David a bien existé mille ans avant Jésus Christ, même si les détails de sa vie ne sont pas toujours historiques. Jésus a vraiment vécu dans un pays que l'on visite encore. Pourtant, la Bible ne raconte pas tous ces événements exactement comme ils se sont passés. Par exemple, on sait bien que le monde ne s'est pas fait en sept jours ! La Bible, ce n'est pas du reportage. On y trouve des poèmes, des lettres, des prières… Ses auteurs se sont laissés inspirer par Dieu, chacun à leur façon. Mais tous disent ce qu'ils ont expérimenté peu à peu : Dieu intervient pour sauver son peuple. Cela se voit dans l'histoire d'Israël et aussi dans celle de Jésus. Dieu aime la vie, il nous donne son amitié quoi qu'il arrive. Voilà le message de la Bible qui est vrai, même aujourd'hui !
La Rédaction de Grain de Soleil.

Comment entendre Jésus qui nous parle ?

« Jésus est vivant », « Jésus est ton ami », « Jésus parle aux hommes d'aujourd'hui », répète-t-on souvent aux enfants. Alors il est inévitable qu'une question de bon sens comme celle-là arrive un jour ou l'autre : « Comment entendre Jésus qui parle ? » La réponse n'est pas évidente. Jésus n'a pas de téléphone portable et il n'envoie pas de SMS . Jésus n'est pas non plus un fantôme qui viendrait chuchoter des mots à l'oreille au cœur de la nuit ou en plein milieu d'un exercice de maths. Entendre Jésus, ce n'est pas entendre des voix.

Mais Jésus nous parle, oui. Il nous parle d'abord à travers la Bible. Ces paroles que nous rapporte l'Evangile et qu'il a dites à ses amis, c'est pour nous aussi qu'il les a prononcées. Ecouter Jésus, c'est donc lire ces textes qui sont pour nous « Parole de Dieu ». Ensuite, Jésus nous parle au travers de la rencontre des autres. Quand nous entendons des paroles d'amitiés, de justice et de joie, nous pouvons être sûrs que Jésus nous parle à travers ceux qui les prononcent. Enfin écouter Dieu, c'est aussi aller aux rendez-vous qu'il nous donne : la messe, les sacrements, la prière. Comment discuter avec un ami si on ne va jamais à aucun de ses rendez-vous ? Pourtant c'est vrai, parfois on écoute et on a l'impression de ne rien entendre : « Je parle à Dieu et il ne me répond pas  », «  je prie et rien ne se passe  »… Mais Dieu est bien plus grand que le sentiment que nous en avons, et pour entendre les mots de Dieu, il nous faut ouvrir les oreilles de notre cœur.

Pour savoir si Jésus nous parle et si nous l'entendons, il y a donc des indices qui ne trompent pas. Lorsque nous choisissons le partage plutôt que la jalousie, lorsque nous préférons l'amitié à la bagarre, lorsqu'on garde l'espoir même quand tout semble aller de travers : alors c'est que nous avons entendu la voix de Jésus. De même, c'est à travers nous que Jésus parle à ceux qui nous entourent . Par exemple : lorsque nous préférons faire des compliments plutôt que de lancer des insultes, rendre service plutôt que de filer en douce regarder la télé, s'émerveiller de la beauté des choses plutôt que de ronchonner à longueur de temps ! « Qui vous écoute m'écoute » , a dit Jésus à ses amis. Ainsi lorsqu'il y a de la solidarité, de la joie, de la paix, de la patience et de la bonté, c'est que Jésus a parlé et qu'il a trouvé des hommes pour l'entendre. Lorsqu'il y a au contraire, de la haine, de la jalousie, de la peur… c'est qu'il est temps de se déboucher les oreilles !
Anne Ponce-Letao – Point de repère .

Qu'est-ce que jeûner ? Elodie 9 ans

« Jeûner » veut dire : se priver de nourriture. Nous sommes invités à jeûner pendant les quarante jours qui précèdent Pâques, c'est-à-dire pendant le Carême. Certains chrétiens se privent de manger pendant une journée, ou bien ils renoncent à un aliment nourrissant, comme la viande (ou les bonbons…). On peut aussi jeûner différemment : au lieu de se priver de nourriture ,on peut s'abstenir de regarder la télévision ou de faire du shoping… Le but n'est pas de se priver pour se priver, mais d'être moins préoccupés par nos estomacs, nos petites envies, notre petite personne, et davantage tournés vers Dieu et les autres. En fait, ce temps est fait pour se préparer à vivre Pâques, car on ressent vraiment la joie de savoir que Jésus est ressuscité si on est proche de Dieu et des autres. Jésus nous demande aussi d'être discret quand nous jeûnons. Pas besoin de montrer aux autres que tu fais des efforts,

Pourquoi se serre-t-on la main à la messe ? Marie, 9 ans.

   «  Dans la charité du Christ, donnez-vous un signe de paix.  » Le prêtre nous demande cela et, tout à coup, les visages se tournent les uns vers les autres. On serre la main de son voisin si on ne le connaît pas mais, tu le sais, Marie, si c'est papa ou maman, on l'embrasse : on se donne « la paix du Christ  ». Cette paix, c'est Jésus qui nous la donne. C'est de lui qu'elle vient et on se la transmet les uns aux autres. Ce n'est pas une parole en l'air. Dans notre cœur, il peut y avoir de la colère, de la peur, des envies de se venger qui traînent… Eh bien, Jésus nous assure que si nous recevons sa paix, lui guérit notre cœur pour que nous puissions aimer. En faisant ce geste, nous montrons que nous voulons vivre en paix avec nos frères : tous ceux que nous pouvons rencontrer chaque jour, et aussi ceux qui sont assis sur le banc de derrière. La paix, ça commence par le « prochain », et celui qui est là, tout proche de moi, c'est bien mon prochain .
La rédaction de Grain de soleil.

Que fête-t-on à la chandeleur ? » - Pierre 9 ans.

   « Chandeleur » vient du mot latin qui veut dire « fête des chandelles ». Ce jour-là, le 2 février, les chrétiens allument les bougies, car ils célèbrent le jour où les parents de Jésus l'ont présenté au temple de Jérusalem, quarante jours après sa naissance, comme le voulait la coutume. Siméon, un vieillard, a alors pris l'enfant dans ses bras et a dit : « Tu es la lumière qui éclaire les nations ! » Les bougies rappellent que Jésus est la lumière du monde. C'est aussi une façon de fêter la lumière qui revient après l'hiver, car les jours rallongent. Aujourd'hui, si l'on n'allume pas systématiquement des bougies, on n'oublie pas de manger des crêpes ! Cette tradition est vieille de mille sept cents ans. En 490 , des pèlerins qui ont marché depuis Jérusalem arrivent aux portes de Rome. Ils sont épuisés et affamés. Le bon pape Gélase 1er leur prépare des « oublies », gaufres rondes à base de farine et d'œufs roulées en cornet. Les ancêtres de nos crêpes !
La rédaction de Grain de Soleil.

 

  A l'époque où les protestants se sont séparés des catholiques, ils trouvaient qu'on donnait trop d'importance aux saints. Ils avaient peur qu'à force de prier les saints, on oublie qu'il faut d'abord prier Dieu et Jésus, son Fils. Comme tous les chrétiens, ils croient que tous les hommes d'hier, d'aujourd'hui et de demain sont appelés par Dieu. C'est cela qui peut faire de chacun un saint. Les protestants aiment bien la définition du mot « saint » que donne l'apôtre saint Paul dans la Bible : pour lui, cela veut dire « chaque membre de la communauté chrétienne ». Les protestants admirent les merveilles de Dieu dans la vie de Marie, des apôtres ou celle des croyants qui montrent le chemin à leurs frères. Mais à la différence des catholiques et des orthodoxes, ils ne confient pas de prières aux saints qui sont maintenant auprès de Dieu. Ils croient que seul Jésus le Sauveur peut prier son Père pour les hommes.
La Rédaction de Grain de Soleil.

« Qu'est-ce que l'âme » ? Lucien, 8 ans

     « L'âme, ce n'est pas un truc invisible qui sort de notre corps quand nous mourons, pour aller vivre avec d'autres esprits volants ! Ce n'est pas non plus l'intelligence de notre cerveau, même si, à chaque seconde, celui-ci réalise des milliers d'exploits étonnants. Car nous sommes bien plus que des machines perfectionnées. Il y a très longtemps, les Grecs pensaient que l'âme était une sorte de souffle que Dieu envoyait dans nos veines toutes vides et que ça nous rendait capables de le connaître. Finalement les Grecs n'avaient pas tout à fait tort : il y a bien en nous un souffle, quelque chose qui nous rend libres, capables de comprendre, d'aimer, d'espérer… et de croire. Ce souffle nous vient de Dieu. Tous les hommes ont une âme : les bébés, les personnes âgées, les gens en bonne santé, les handicapés, les gens que tu aimes, ceux que tu n'aimes pas… et notre âme est unique, comme l'amour de Dieu pour nous. »

« Pourquoi baptise-t-on avec de l'eau ? » - Dorothée 7ans.

  « Baptiser », ça vient d'un mot grec qui veut dire « plonger dans l'eau ». Souvent, quand on est baptisé, on reçoit juste de l'eau sur la tête mais, parfois, le baptisé est plongé tout entier dans un bassin. L'eau , c'est la vie, on ne peut pas vivre sans elle ! C'est dans l'eau que les premières petites cellules de vie sont apparues sur terre. L'eau redonne la vie à celui qui meurt de soif, aux plantes asséchées. En même temps, elle peut aussi faire penser à la mort : le torrent détruit tout sur son passage, les vagues déferlantes peuvent faire couler les bateaux. L'eau peut faire vivre, ou mourir. Quand on plonge dans l'eau du baptême, on rappelle que Jésus est venu partager notre vie jusqu'au fond du fond, jusqu'à mourir. Puis Dieu l'a ressorti de la mort pour le faire entrer dans une vie nouvelle. Il l'a ressuscité ! Quand nous ressortons de l'eau du baptême, nous partageons cela avec Jésus. Nous voilà tout neufs, sauvés, aimés par Dieu, parce que nous sommes ses enfants .

« Pourquoi Dieu, on ne le voit pas ? » Marcel, 4ans.

  « C'est vrai, Marcel, qu'avec nos petits yeux , nous ne sommes pas bien équipés pour voir Dieu. Bien sûr, tu penses que si Dieu existe, on devrait le voir. Ce serait tellement plus simple. Mais tu sais, dans la vie, il y a beaucoup de choses qu'on ne voit pas. Pourtant, elles sont bien là. Il y a la musique. On ne la voit pas mais on l'entend. Elle fait vibrer les instruments et danser les enfants. Il y a le vent. On ne le voit pas mais on le sent bien. Il fait voler le linge et il le fait sécher aussi. Il y a l'amour. On ne le voit pas mais on sent bien s'il est là ou pas. Et puis il y a les promesses. Tant qu'elles ne sont pas réalisées, comment savoir si elle sont vraies ? Le courage non plus, on ne le voit pas. Pourtant, on sent bien si on en a ou pas… Et la confiance ? On ne la voit pas mais c'est grâce à elle qu'on avance. Tu vois, Marcel, Dieu, c'est un peu pareil. On ne le voit pas avec les yeux mais il est très important.

Comment les Mages.......

Ce dimanche de l'Epiphanie, nous répondons à la question de Nathalie , 10 ans : Comment les Mages ont-ils reconnu l'étoile de Jésus ? Les mages scrutent le ciel, ils découvrent une nouvelle étoile et aussitôt ils en sont sûrs, c'est l'étoile de Jésus. Tout marche à merveille, comme dans un conte. Pas tout à fait, pourtant, et il est important de le dire aux enfants.

Tout d'abord, les mages ne découvrent pas l'étoile de Jésus. L'évangéliste saint Matthieu nous dit qu'ils voient « l'étoile du roi des juifs ». A cette époque, l'apparition d'une nouvelle étoile souvent interprétée comme la naissance d'une personne illustre. Pour les mages, il s'agit du « roi des juifs  ». Pourquoi ? Mystère de l'astrologie ancienne. Une chose est sûre, ils pensent trouver ce roi dans le palais de la capitale, à Jérusalem. Les mages n'ont pas tout compris tout de suite ! Il leur faut des scribes juifs, qui connaissent les textes de la Bible et qu'Hérode réunit. Ceux-là disent que le messie doit naître à Bethléem. Puis ils ont besoin de l'étoile pour savoir qui est ce roi. S'ils entraient dans le village en demandant : « S'il vous plaît, pouvez-vous nous dire où habite le nouveau roi des juifs ? personne ne saurait. Car Jésus est né comme un bébé ordinaire. Ces mages qui semblent si savants doivent donc se laisser guider par l'étoile, on pourrait dire par le ciel, pour reconnaître en Jésus le nouveau roi.

Nous leur ressemblons beaucoup. Avec la Bible et l'aide mystérieuse de Dieu – cette étoile qui brille dans leur nuit - , nous découvrons que Jésus est notre messie, à nous aussi. Disons-le aux enfants, ils seront heureux d'apprendre qu'ils ressemblent à ces magnifiques personnages !

Qu'est-ce qui prouve que Jésus a existé ? »

On reconnaît là l'esprit logique et exigeant de nos chers petits : « Tu dis quelque chose : prouve-le !  », «  tu crois en quelque chose : dis-moi d'où ça sort … » Nous n'avons pas d'archives d'état civil datant de la Palestine il y a 2000 ans. A l'époque, les albums photos ou les caméscopes n'existaient pas. Et par-dessus le marché, Jésus n'a pas laissé de livre écrit de sa main, pas même un morceau de papyrus avec quelques mots gribouillés dessus. Alors où sont-elles ces preuves ?

D'abord nous avons les Evangiles qui nous rapportent la vie et le message de Jésus. Ce sont des récits issus du témoignage des premiers chrétiens. Pas convaincant, diront certains ? Mais par ailleurs, des historiens de l'Antiquité parlent de Jésus dans leurs écrits. Notamment Flavius Josèphe ou bien encore Tacite et Pline Le Jeune. Aujourd'hui, les historiens ne remettent plus en cause l'existence historique de Jésus de Nazareth. Jésus a donc bien existé, ce n'est pas un mythe. Pour le chrétien, l'Evangile n'est pas un recueil de légendes édifiantes et de bons sentiments. L'existence de Jésus est très importante pour sa foi. Ce n'est pas un hasard si le Credo dit « Je crois en Jésus Christ… crucifié sous Ponce Pilate ». C'est pour bien inscrire le Christ dans l'histoire. Dire que Dieu s'est fait homme n'aurait aucun sens si cela ne correspondait pas à un événement précis : Jésus est né de Marie, en Palestine, il y a deux mille ans et il est mort sous Ponce Pilate. En revanche, ce qu'on ne peut pas prouver, c'est qu'il est le Fils de Dieu. De toute évidence, Dieu n'a pas voulu nous laisser de preuves incontestables : pas de photos de la résurrection, pas de pouvoirs magiques laissés aux chrétiens pour transformer en crapauds à lunettes ceux qui refuseraient de croire ! Dieu nous a laissés libres… Mais croire que Jésus est le Fils de Dieu ne repose cependant pas sur rien : nous pouvons nous appuyer sur la foi des croyants qui nous ont précédés, nous pouvons aussi faire l'expérience d'une relation personnelle avec le Christ. On passe alors, c'est vrai , de l'histoire à la foi.

Ne l'oublions pas non plus : ce n'est pas parce qu'on ne peut pas prouver une chose qu'elle n'est pas vraie. Aucune équation mathématique ne peut démontrer qu'une mère aime son enfant, que Bach était un grand musicien ou que votre grand-mère fait le meilleur gâteau au chocolat du monde. Mais pourtant, vous, vous savez bien que c'est vrai…
Anne Ponce-Leito de Points de Repère n° 202 haut de page

« C'était comment la crèche où Jésus est né ? »

Est-ce que dans la crèche de Jésus, il y avait des lits pour les bébés et un casier où ranger ses affaires ? Dissipons vite les malentendus. Non, la crèche de Jésus ne ressemble ni à la crèche municipale, ni à la halte-garderie et l'évangile de saint Luc nous livre quelques informations que l'on peut lire facilement avec un enfant (Luc 2,7). Marie couche Jésus dans une mangeoire, c'est l'endroit où l'on met de la nourriture pour les animaux. C'est creux, en bois, et cela ressemble à un grand berceau. Il y a sûrement de la paille à l'intérieur, qui doit tenir bien chaud. Marie a eu une bonne idée de déposer Jésus-là ! Mais pourquoi Marie a-t-elle accouché dans une étable ? L'évangéliste nous dit qu'il n'y avait pas de place dans la salle commune. A cette époque, les maisons de village étaient composées d'une grande salle et d'une étable accolée pour les animaux. Marie est allée juste à côté, dans l'étable, à l'écart de la foule pour accoucher.

De quoi avait l'air cette étable ? D'une grotte, vraisemblablement, puisque à Bethléem les maisons sont souvent appuyées sur des grottes. Les différentes pièces de la tradition composent un tout : Jésus est né à Bethléem, dans la crèche d'une étable qui était peut-être une grotte. Voilà de quoi satisfaire la curiosité des enfants ! Mais l'essentiel est ailleurs, n'oublions pas de le dire. Saint Luc veut d'abord nous montrer que Jésus est bien né à Bethléem, la ville du roi David, et qu'il naît simplement pour partager la vie des hommes. Tout le reste est littérature.

« Qu'est-ce que ça veut dire Noël ? »


En anglais, Noël se dit « Christmas » et un enfant peut rapidement faire le lien avec Jésus Christ. En allemand, un enfant entend « Nacht », la nuit , dans le mot « Weinachten », (Noël), et il fête toujours Noël dans la nuit du 24 décembre. Mais en français, un enfant n'entend rien du tout sinon une exclamation forte, aussi joyeuse que la fête qu'elle désigne. Pourquoi ? La faute au latin et aux déformations qu'il a subies !

L'origine du mot Noël est latine, la langue officielle de l'Eglise catholique pendant des siècles. En latin, cette fête s'appelle Dies Natalis Domini, c'est dire « Jour de la naissance du Seigneur ». On a rapidement retenu le mot principal : natalis, « naissance », et ce mot fut déformé, transformé à force d'être répété. Natalis a donné Noël et depuis le Moyen Âge, ce mot est entré dans notre langue.

Noël veut donc dire « naissance » et c'est une bonne occasion de le rappeler aux enfants. Noël est avant toutes choses – avant le sapin, les décorations, les cadeaux, la fête de la naissance de Jésus.

A force de Père Noël et de publicités en tout genre, ils finiraient par l'oublier. haut de page